Je n'avais pas encore parlé à Duval. Dans le bateau nous emportant, en sécurité, il était trop affairé aux diverses tâches de commandement. Moi, choquée par ce qui nous était arrivé, je tenais Victor fermement ne voulant pas le lâcher. peur de le perdre, lui aussi ?
Sûrement.
Henry avait été transporté dans une cabine, sous mes yeux. Nous l'avions suivi lentement, le petit pleurant toutes les larmes de son corps, me serrant de ses petites menottes. Il ne comprenait pas ce qu'il se passait et j'étais incapable de le lui expliquer.
Comment un enfant de deux ans et demi pouvait-il comprendre, s' imaginer qu'il ne pourrait plus jamais rire avec lui. Une larme coulait le long de ma joue.
On nous fit signe d'entrer. Avais-je réellement envie de le voir, de constater cette évidence. Henry s'était éteint, rejoignant sa chère et tendre femme. Là-haut dans le ciel une étoile était née... venant s'ajouter à la constellation.
Je fermai les yeux pour reprendre courage, inspirant profondément, cherchant avec difficulté le peu d'air dans mes poumons oppressés. Je jetai un coup d'½il à Victor. Il avait sa main crispée autour de son cou, les yeux écarquillés, dirigés vers la pièce ouverte. Ses larmes coulaient silencieusement sur ses joues. Je me penchai vers lui, me mettant à sa hauteur.
« Tu sais, mon poussin, si tu ne veux pas entrer, tu peux rester là et t'asseoir sur la caisse qui est juste à côté de toi.
- Non, ze veux voir papi.
- Bien... mais dis-le moi, si tu ne veux plus.
Il secoua la tête négativement. J'admirai son courage, contrairement à moi. J'étais loin d'en avoir. J'aurais aimé tourner le dos à cette pièce où reposait le corps sans vie de notre ami.
Il était là, étendu sur une table. Le teint pâle, vif contraste avec le sang répandu sur le sol. Un drap foncé était posé sur son corps, empêchant notre regard de se poser sur les blessures entr'aperçues tout à l'heure. Des images qui auraient pu choquer Victor plus qu'il ne l'était déjà.
Celui-ci s'avança lentement, prenant une chaise posée juste à côté. Il la fit glisser jusqu'à Henry et grimpa dessus. Il se trouvait proche de son visage et soufflait dessus, comme pour le faire réagir. Mais rien... aucune réaction... Il lui fit un bisou sonore sur la joue.
- Papi... t'avais promis ... qui maint'nant va m'faire conduire ?
Il posa sa tête sur son torse et pleura de plus belle. Sa peine me faisait mal. Je m'approchai de lui doucement .
- Viens mon bonhomme.
Il se cramponnait à moi , enfouissant sa tête dans mon cou. Je le fis sortir de la pièce et le confiai à l'un des hommes.
- Je reviens, je vais lui dire au revoir à mon tour.
Je me trouvais à présent à ses côtés. Souhaitant le voir bouger... même d'un cil. Mon c½ur se serrait un peu plus, déchiré par des larmes invisibles. J'avais tellement mal .
- Oh... Henry... pourquoi vous ?... vous me manquerez »
Une dernière caresse sur sa joue froide. Une dernière larme coulée... et je refermai la porte sur cet homme brave et si attachant...
Je me trouvais enfin en sécurité.
Plus d'angoisses causées par de probables attaques . Plus de sommeil agité lorsque nous dormions dans des lieux peu rassurants. Plus de cavalcades dans le nord-ouest de la France pour parvenir à notre destination. L'endroit où je me trouvais était surréaliste : assise sur un banc en haut d'une falaise, face à la mer. Autour de moi s'étendait un paysage sauvage et brut. C'était magnifique. Le son des mouettes et les vagues s'écrasant contre les rochers s'ajoutaient au charme de ce pays.
Je m'y sentais bien... et Victor avait également l'air d'apprécier. Allongé de tout son long, la tête sur mes jambes, un sourire paisible dessiné sur les lèvres, il me semblait être calme.
Tout en passant ma main dans ses cheveux, je repensais à notre première rencontre. Quel contraste saisissant entre ce petit homme confiant et cet enfant si peu sûr de lui, craintif. J'étais fière de connaître un garçon aussi curieux et brave. Ce petit être chétif qui m'avait paru si fragile s'était transformé. Il avait pris de l'assurance et j'aimais son rire enfantin. Je pensais ne plus jamais pouvoir m'en passer. Il m'était devenu vital, mon oxygène, ma bouffée de bonheur.
Je l'aimais...
Lorsque je me retournais sur notre passé commun, je ressassais cette semaine où nous avions vécu une aventure extraordinaire et déchirante.
Tant de personnes étaient mortes dans cette histoire. Je repensais à Pierre, tout partait de lui. L'homme qui avait changé ma vie. En réfléchissant bien, en aurais-je aimé une autre, aurais-je souhaité autre chose ?
Tant de malheur s'était accumulé pendant ces jours.
Mais si tout ça ne s'était pas produit, serais-je la personne que je suis aujourd'hui ?
Une femme plus forte et plus sûre d'elle, une femme capable de prendre des décisions importantes, Une mère de substitution pour cet enfant allongé à mes côtés ?
Je n'aurais sans doute jamais rencontré Victor et cela était impensable. Ce petit était tout pour moi. Il m'avait changé. Les responsabilités prises envers lui m'avaient fortifiée. Mon but désormais était de le rendre heureux.
J'étais devenue son seul repère. Sa famille ?
Je me rappelais la phrase prononcée par sa grand-mère.
« Officiellement, il sera votre fils. Officieusement, nous savons toutes les deux qu'il ne le sera jamais. »
Étais-je à la hauteur maintenant ?
Pouvais-je devenir sa mère ?
J'avais envie de le croire et mettrai tout en ½uvre pour le concrétiser.
La nostalgie pointait le bout de son nez. Pierre... je pleurais sa perte. Maintenant, l'heure était à la peine. Je pouvais déverser mes larmes sans plus me retenir. Roger mon amour... si tu savais comme tu me manques. Ne plus t'avoir à mes côtés. Ne plus t'entendre rire. Ne plus sentir ton regard sur moi. La moitié de mon c½ur était partie avec toi, et l'autre saignait de ne plus pouvoir te serrer dans mes bras...
Et Henry. Lorsque je pense à toi, l'air me manque, mes poumons se contractent et me brûlent. Je pleurerai encore et toujours. Nous étions si près du but. Nous avions réussi.
Pourtant en une fraction de seconde tout avait basculé. L'horreur s'était présentée. La mort t'avait accueilli, les bras ouverts.
Impuissante, je te vis partir sans pouvoir la combattre. Je m'étais attachée à toi. Nous n'étions plus seuls... et désormais nous nous retrouvions à deux. Tu étais mon pilier ; tu me rassurais ; tu me protégeais de ta force tranquille. On dit que ce sont ceux qui restent qui souffrent le plus.
Je me dis que toi, tu devais être heureux. Tu avais rejoint ta femme. J'imaginai ta rencontre avec mon Roger et Pierre... Cela me fit sourire.
« Nous sommes deux à présent, mon petit Victor.
Il ouvrit les yeux pour les poser sur moi, me regardant sérieusement. Il me fit un sourire et se redressa pour me déposer un bisou sur la joue.
- Ze t'aime. »
Je lui souris en retour.
Les minutes passèrent, nous étions toujours assis sur ce banc, face à la mer. Le vent commençait à se faire sentir, jouant dans nos cheveux et caressant nos visages.
Je respirai à pleins poumons,inhalant l'air iodé, une odeur qui m'était étrangère.
En effet, j'étais peu accoutumée à cette étendue d'eau. A dire vrai, je voyais pour la première fois cette mer. Je n'avais pas eu le courage de l'apprécier, sur le moment trop angoissée de ne pas voir Henry revenir de Roscoff. Mais là, à présent, je pouvais observer, de tout mon soûl, ce spectacle qui s'offrait à notre vue.
Cet endroit m'apaisait, me calmait complètement.
- C'est beau, n'est-ce pas ?
Je me retournai vivement étonnée d'entendre quelqu'un dans ce désert vert. Duval se tenait à côté de moi et contemplait lui aussi ce paysage magnifique.
- Oui.
- Vous devez vous poser beaucoup de questions, n'est-ce pas ?
- Oui.
Il sourit, puis son regard se posa sur le mien.
Il représentait totalement l'image de cet homme fort qui s'était formée dans ma tête.
Âgé de trentaine d'années, il était taillé dans la pierre. Les cheveux bruns, en bataille, le visage coupé au couteau, une cicatrice barrant sa joue droite lui donnant un côté rebelle, des yeux bleus pétillants d'intelligence. Cet homme était beau tout simplement et il attendait mes questions avec patience.
- Comment avez-vous deviné où nous nous trouvions ? Qu'avez-vous dit à Henry ? Que va-t-il se passer maintenant pour nous ? Et que contient ce pendentif ?
- Beaucoup de questions, en effet.
Il parut réfléchir, cherchant ses mots, les yeux dans le vague. Il caressait sa barbe naissante.
- Commençons par le début alors...
J'ai été informé de votre identité il y a de cela une semaine. Nous avions décidé du lieu, du jour et de l'heure de votre venue. Le réseau avait calculé dans les moindres détails votre trajet et les escales de chaque étape. Les noms et les lieux, choisis par moi-même, étaient totalement sécurisés. Sauf un... Christian, choisi par Madame Cohen. Malheureusement, tout ne s'est pas déroulé comme nous le souhaitions. Le jour où vous avez pris la route avec lui, votre destin était scellé. Je n'ai appris sa trahison que quelques heures après votre départ de chez les Vilard. Nous avions perdu tout espoir. Pourtant nos agents, infiltrés chez eux, n'avaient aucune trace d'une quelconque arrestation. Vos descriptions, un enfant de deux/trois ans et une jeune femme, circulaient encore à travers leur réseau. Je ne sais par quel miracle vous êtes passés entre leurs lignes.
Il souriait.
- J'avais donc pris la décision d'attendre le jour convenu... espérant votre arrivée. Mais ce matin ce n'est pas vous qui m'avait interpellé, mais un vieil homme avec une lettre de Pierre Cohen ; une personne se disant être votre ami. Comment vouliez-vous que je lui fasse confiance. En cette période sombre, je ne pouvais pas mettre en danger mes hommes. Vous me comprenez ?
J'acquiesçai vivement, tout de même triste pour mon ami.
- De plus je savais qu'on me surveillait. Des hommes peu discrets étaient à l'affut du moindre de nos gestes. La tension était donc extrême et l'arrivée de cet inconnu me paraissait suspecte. Nous avons parlementé de nombreuses heures pour finalement le laisser partir. Il me paraissait triste et furieux à la fois, presque abattu. Il m'a juste dit en sortant qu'il s'en voulait d'avoir échoué dans sa tâche. J'aurais aimé le croire, je vous assure, seulement... j'ai eu peur d'un guet-apens.
Si j'avais su... Bien vite, j'ai compris qu'il m'avait dit la vérité. Les hommes qui nous surveillaient l'ont pris et l'ont roué de coups. Lorsqu'ils le relâchèrent, je décidai de les faire suivre. Pour ma part je pris la direction de Trégastel Henry avait eu la bonne idée de me dire où vous vous trouviez. La suite, vous la connaissez. Et la fin également.
Je baissai la tête, cachant mon chagrin.
Les minutes s'écoulèrent... Respectant, silencieusement, mon deuil. Un rayon de soleil vint percer les nuages, nous réchauffant de sa chaleur. Un peu comme un signe. Je pensai à Henry. Peut-être était-ce lui qui me disait au revoir, caressant ma joue comme il s'était habitué à le faire.
- Et... et le médaillon ?
Il sourit.
- Donnez-le-moi. Il est temps de me le restituer.
Je passai le pendentif par-dessus ma tête pour le lui remettre, impatiente de connaître enfin son contenu. Il l'examina sur toutes les coutures, un sourire au coin des lèvres.
Puis ayant sans doute trouvé ce qu'il cherchait, il sortit de sa poche une tige au bout de laquelle se trouvait une clef fine comparable à l'épaisseur d'une feuille de papier.
Il me regarda malicieusement.
- La particularité de cet objet c'est que tout le monde le connaît. Pourtant, seuls quelques-uns connaissent l'existence de la clef. Deux éléments indissociables qui pourtant ne sont pratiquement jamais l'un à côté de l'autre. Madame Cohen avait le bijou, moi, la clef.
Il l'inséra dans la fente et la fit tourner lentement. Un infime cliquetis s'entendit faisant apparaître le c½ur du pendentif : une cavité contenant un bout de papier. Je fronçai les sourcils.
Était-ce pour cela que nous avions risqué nos vies ?
Un morceau de papier ?
- Ne soyez pas déçue mademoiselle, vous ne savez pas l'importance de ce qu'il renferme... Les Fourgons des Allemands sont équipés d'antennes tournantes. Ils arrivaient à localiser les ondes émises par certains résistants. Cela devenait trop dangereux d'utiliser le morse... Connaissez-vous « Radio Londres » ? Sans doute... il y a de cela trois ans déjà, en 1940, le premier résistant à avoir réussi à rejoindre les côtes anglaises a envoyé des ondes vers la France, délivrant des messages, de la propagande et autres... la Gestapo a essayé par tous les moyens d'interdire l'écoute de cette antenne. A travers des messages personnels, nous pouvons communiquer aux Français notre évolution. Nous pouvons également leur faire parvenir des ordres et des informations pour la pose d'explosifs à des endroits stratégiques. Mais de jour en jour, ils progressent et nous devons être de plus en plus vigilants. Il nous fallait de nouveaux codes... et... c'est là que vous intervenez...
- Moi ! Mais... comment ?
Il sourit et déplia la feuille de papier.
Je me penchai pour lire son contenu et ce que j'y vis me laissa perplexe. Des phrases, des mots, tous incohérents ou tirés de sonnets et contes pour enfant :
« le gendarme dort d'un ½il », « les dès sont sur le tapis », « ouvrez l'½il et le bon », « les enfants s'ennuient le dimanche », ainsi que quelques notes de la cinquième symphonie de Beethoven. Il y avait même un vers de Verlaine « Chansons d'automne »...
Voyant que je ne comprenais pas, il sourit d'autant plus.
- Voyez-vous Mademoiselle Suzanne, ce que vous êtes en train de lire va changer le visage de la guerre. Avec ses phrases et ses mots un nouveau souffle va apparaître en notre faveur. Seul notre réseau comprendra ce que veulent dire ces lignes. Nous avons encore du travail, mais aujourd'hui une page est tournée... nous allons réussir Mademoiselle... et cela grâce à vous. »
Le silence s'installa entre nous.
Depuis le premier jour, je souhaitais connaître le contenu de ce pendentif, et voilà qu'enfin, tout s'éclairait.
Un sentiment de fierté emplissait tout mon être. Un lent sourire vint effleurer mes lèvres. J'avais la sensation d'avoir accompli quelque chose de grand qui me dépassait encore.
Un soulagement également, celui d'être en vie, d'être allée jusqu'au bout de moi-même, d'avoir réussi là où je n'aurais jamais cru être capable d'arriver, avoir survécu à cette aventure, Victor à mes côtés.
Tout était fini. Enfin.
Une larme, puis deux... Je craquais. Pleurant tout mon soûl, me délivrant de mes angoisses, mes peines, mes moments de doutes, repensant à tous ces hommes et ces femmes qui avaient croisé mon chemin et m'avaient aidé dans ma tâche.
Duval me prit dans ses bras et nous restâmes là, attendant que le temps passe, moi, toujours en pleure. Cela faisait tellement du bien.
Il ne me restait plus qu'à vivre maintenant. Dans un pays libre... avec Victor...
Deux sentiments partageaient son esprit : La joie pour Suzanne qui avait accompli son périple. Et la peine de devoir la quitter. Car aussi étrange que cela puisse être, elle avait du mal à faire le lien entre sa grand-mère et l'héroïne de ce journal.
Deux femmes au caractère opposé. Elle comprenait toutefois que ces années de guerre avaient du l'endurcir. Angie avait tellement de questions à lui poser. Elle devait comprendre...
La jeune fille se leva de sa chaise et alla dans le salon, elle était sûre d'y trouver son aïeule, tricotant un pull pour l'hiver. A son entrée, la veille dame releva la tête tout en continuant d'accomplir ses gestes routiniers. Sa petite fille semblait mal à l'aise, elle n'osait pas la regarder dans les yeux, dansant d'un pied sur l'autre, et tenant dans sa main le livre de son passé.
« Tu l'as fini ?
Angie sursauta et vint s'assoir rapidement en face d'elle.
- Oui... oui je... tiens, grand-mère.
Dans un sourire, Suzanne prit le livre et le contempla avec tendresse, caressant la couverture de ses fines mains ridées. Elle avait décidé de tout lui dire. A quoi bon les secrets. Cela n'apportait que complications. N'était-ce pas la cause de son caractère froid vis-à-vis de sa petite fille ?
- Tu as des questions ?
L'adolescente secoua la tête avec empressement. Rougissant jusqu'aux oreilles, elle entortilla ses doigts.
- Oui... pourquoi tu n'en as jamais parlé ? Et... toute l'histoire est vraie ? Et qu'as-tu fait après être arrivée en Irlande ?
Un rire discret se fit entendre dans la pièce. Elle releva la tête et découvrit le regard pétillant de sa grand-mère.
- Je sais de qui tu tiens... tu parles trop et trop vite.
Ce n'était pas un reproche, de la tendresse émanait de ses mots.
- Bien... alors je vais tout te dire... » Elle chercha ses mots puis reprit.
« Ce livre m'appartient et tu l'as bien compris. Je n'ai jamais aimé les journaux intimes, pourtant, tu viens de lire le mien. J'avais besoin d'extérioriser tout ce qu'il s'était passé. Au contraire de ce que tu crois... ce livre je l'ai écrit lorsque je vivais en Angleterre... quelques mois avant le grand débarquement... en 1944. Ne me regarde pas avec ces yeux là ! Je sais que tu as cru à une sorte de journal de bord. Mais, tu imagines ! Si on m'avait prise avec ce livre ! Je ne serais pas là à discourir sur une aventure datant de la seconde guerre. J'ai choisi de l'écrire en narrant tous les évènements qui se sont déroulés pendant cette courte période, me replongeant dans ces heures d'angoisse et... de bonheur. Une sorte de thérapie... Mais sache que tout ce que je raconte est vrai. Je n'ai omis aucun détail. Les souvenirs sont encore encrés en moi, marqués au fer rouge.
Elle fit une pose. Reprenant son souffle.
- J'ai toujours aimé écrire... je voulais garder une trace. Tu me comprends ?
Angie acquiesça ne disant mot, par peur qu'elle ne s'arrête là.
- Les hommes et les femmes qui ont croisé mon chemin ont également existé. Je voulais leur rendre un hommage pour ce qu'ils avaient fait. Tellement valeureux... Lorsque nous avons pu revenir sur notre terre natale je suis retournée les voir pour leur exprimer ma gratitude. Seulement... les Vilard avaient été pris et tués. Les Allemands les avaient arrêtés après notre passage. C'était de braves gens... Je suis retournée, après ça, chez mes parents, où j'ai repris une vie paisible pendant quelques temps.
Elle souriait à présent.
- Je n'ai pas voulu te le dire avant parce que tu étais trop jeune pour comprendre. Mais maintenant tu sais et cela me soulage énormément. Je suis heureuse de partager ce secret avec toi.
Une question démangeait Angie depuis le début de cet échange. Et c'est presque en criant qu'elle la lui posa.
- Et LE MÉDAILLON ?
- Le médaillon ?... je l'ai donné... à la personne la plus chère à mon c½ur.
- Quoi ! Mais à qui ?
- A moi. »
Angie se retourna vivement.
Son père était debout près de la porte, les larmes aux yeux et le sourire aux lèvres.
La jeune fille se précipita dans ses bras le serrant fort contre elle. Sa Grand-mère les rejoignit et caressa la joue de l'homme qui se tenait face à elle.
« Bienvenue à la maison, mon Victor. »
Fin... Ce mot me soulage et m'attriste également.
C'est terminé.
Il n'y aura plus d'histoire sur Suzanne, Angie et Victor... Ces personnages font partis désormais de mon passé...
Quel plaisir d'arriver jusque là. Jamais je n'aurais cru en être capable.
J'espère que cela vous aura plus. Et que la fin ne vous déçoit pas.
Liens : Marine ; Mlle-matraque
Photo : de moi, elle n'a pas été prise en Irlande mais en Bretagne près de Lorient
