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Chapitre 12 : Et maintenant que dois-je faire ?

Chapitre 12 : Et maintenant que dois-je faire ?
Silence...
Seul mon souffle perçait dans cette atmosphère. Ma respiration était saccadée comme après un marathon. J'avais l'impression qu'il s'entendait à des kilomètres à la ronde. Pourtant je ne le souhaitais aucunement. Ils étaient toujours là. Je les entendais. Marchant dans la cuisine qui se trouvait au dessus de nous. Victor et moi avions atteint le sol...

« Descendez et marchez tout droit jusqu'à la sortie »

Cette phrase me fit l'effet d'un électrochoc. Je m'écroulai par terre, tremblante de la tête aux pieds. Nous avions descendu l'échelle, Victor sur mon dos, agrippé à mon cou comme à une bouée... Je n'avais pas attendu l'entrée des hommes dans la pièce. Le noir s'était fait lorsqu'elle avait tiré le meuble pour nous cacher. Mais nous avions tout entendu. Et ces bruits m'avaient glacé le sang. Elle était morte, tuée par une balle, son corps lourd tombant sur le sol. Je ne l'aimais pas mais... elle nous avait sauvés. Elle s'était sacrifiée pour nous. Moi une inconnue. A qui elle avait confié une tâche qui me paraissait maintenant insurmontable.
De nouveau j'avais peur. Peur de ce qui allait se produire ; peur de notre sort à tous les deux. J'eus de la peine pour elle, avait-elle souffert sous l'impact ?
Des rires venant d' en haut parvinrent à mes oreilles...
Une haine envers ces inconnus me prit soudain. Comment pouvaient-ils rire de leur acte ? Quelles personnes sans c½ur pouvaient être ces hommes ? Mes poings se serrèrent fermement, les faisant trembler, une envie de hurler face à cette cruauté. J'étais impuissante encore une fois.

Ils parlaient, non, un seul parlait, ou plutôt criait. Je ne sais pas ce qu' il disait mais ils se calmèrent tous, d'un coup. Plus un bruit. Seule la voix de cet homme dur et froid résonnait. Il n'avait pas l'air content. Plutôt furieux.
Malheureusement je ne comprenais rien. Trop de distance nous séparait.
Pourtant je sentais que ce qu'il criait était important. Une larme de rage s'échappa et descendit sur ma joue. D'un revers de la manche je l'essuyai rapidement. Dans mon élan j'agrippai le médaillon. Surprise de ce contact, je le pris dans ma paume pour le regarder. Je l'avais presque oublié. Pourtant il était à l'origine de bon nombre de malheur.
était-ce pour cela que ces hommes s'étaient introduits dans cette maison ? Tuant sur leur passage la grand-mère de Victor ?
Je me sentais déconcertée...
Toujours par terre sur le sol froid je sentis à côté de moi le petit garçon bouger. Je ne l'avais pas oublié, non... Mais il était resté silencieux pendant toutes ces longues minutes. Aucun cri, aucun son n'était sorti de sa bouche. Pourtant je l'avais senti se crisper dans mes bras au son de la mitraillette. Je l'avais vu trembler et se recroqueviller dans un coin de l'endroit au nous nous trouvions maintenant. Mais incapable de bouger moi-même, je n'avais su aller vers lui pour le rassurer. Même encore maintenant, j'en étais incapable...
Doucement il s'approcha de moi. Pour venir enfin poser sa main sur mon épaule. Lui un gamin de deux ans venait me consoler... C'était pitoyable.
J'étais honteuse de ma propre lâcheté. Les rôles auraient dû être inversés. Mais non, c'était lui qui venait se blottir dans mes bras ; c'est lui qui me serrait très fort ; lui qui calait sa tête dans mon cou. Et c'est moi qui pleurais...

De longues minutes passèrent. Je déversais mes larmes doucement, sans faire de bruit. Ils étaient partis sans omettre de saccager tout sur leur passage. Nous avions tout entendu.
À chaque bruit ; chaque meuble tombé ; chaque vaisselle cassée ; nous sursautions, nous serrant plus fort encore. Presque à nous étouffer, crispant nos yeux comme pour nous rendre invisibles ; priant pour ne plus être là ; espérant nous réveiller de ce cauchemar.
Puis le silence. Lourd ; pesant.
Nous ne bougions plus comme figés en statue de sel.
Combien de temps sommes nous restés dans cette position ?
Je ne saurais le dire. Peut-être quelques secondes, une minute, une heure ? Mes membres commençaient à s'engourdir, nous devions y aller. Lentement je me dépliai, soulevant en même temps le corps frêle de Victor, toujours blotti dans mes bras. Il redressa la tête pour me regarder. J'étais troublée par son expression. Confiante ? Oui, ça m'avait tout l'air d'être ça. Je lui fis un sourire tremblant, comme pour le remercier d'être là. Avec moi ; à mes côtés. Il venait de perdre l'unique membre de sa famille. Mais du haut de sa petite taille, savait-il vraiment qu'il n'avait plus d'ancêtre ? Il n'avait plus que moi.
Je soupirai, et le reposai sur le sol. Prenant en main le sac tombé à terre lorsque nous descendions, je me retournai pour faire face à notre avenir.
Devant nous s'offrait à nos yeux une grotte sans fin. Sombre et humide ; sentant le renfermé. La fine main de Victor vint se blottir entre mes doigts. Comme pour nous donner du courage nous nous les serrâmes fortement, nous enfonçant quelques secondes après dans les profondeurs de la terre...

Cela faisait déjà plusieurs minutes que nous marchions. D'un pas hésitant car notre vue était obscurcie par la demi-pénombre des lieux. Le bruit de nos pas sur le sol humide et dur résonnait comme un écho. Notre souffle s' ajoutait à cette musique peu rassurante. Je me demandais si nous ne faisions pas fausse route, ne voyant presque rien, peut-être un chemin avait été dissimulé à notre regard ?
Victor trébucha sur une pierre. Je le saisis au vol, le rattrapant à quelques mètres seulement du sol. Il était sans doute épuisé. Je me sentait bête de ne pas avoir pensé qu'il allait se fatiguer plus vite que moi. Je le pris dans mes bras pour le soulager. Il se blottit tout contre moi et se laissa bercer par mes pas. Doucement je le sentis s'endormir. Ses jambes et ses bras pendaient et se balançaient au rythme de ma marche.

_ _ _

Une lumière, grandissant à mesure de mon approche. Signe d'espérance, de liberté. Encore loin, elle me redonnait espoir cependant. J'allais bientôt sortir de cette grotte sombre et glaciale. Le gamin dormant dans mes bras, sa valise retenue par une de mes mains. Ma progression avait été difficile. Je n'avais plus conscience de l'heure, enfermée depuis de trop longues minutes dans ce gouffre obscur. Était-ce la fin de la journée ? Ou à peine quelques minutes s'étaient-elles écoulées depuis notre fuite ?
Si tel était le cas alors il devait être 16 heures tout au plus.
Je me rapprochai...
Un souffle d'air frais vint caresser mon visage. Je le respirai à plein poumon. L'odeur fétide de moisie disparaissait à chaque mètre parcouru. Nous y étions presque.
Douce et agréable lumière, caressant ma peau. Fraîcheur de début de soirée, me faisant frissonner. Un sourire germa sur mon visage fatigué, émerveillée devant cette nature en paix...
Je ne me souvenais pas d'un tel moment dans toute ma vie. Ce moment où l'on se sent revivre, laissant derrière soit l'angoisse, l'horreur, et la mort. Comme un soupir qui s'échappe et s'évapore dans le vent.
Nous nous trouvions près d'un champ... L'herbe n'avait pas été coupée et la hauteur des brins était vertigineuse, cachaient notre présence au regard des autres. Une danse venait de débuter devant moi, produisant une douce sonorité à mes oreilles. L'herbe se frottait l'une contre l'autre, c'était magnifique.
Je me rendais compte de l'importance de chaque chose dans ma vie. Tout était important, chaque personne ; chaque moment de bonheur ; chaque endroit découvert ; je devais les apprécier à leurs justes valeurs. Ce que je venais de vivre pendant ces quelques jours m'avaient changée...
« Allez en route »
Je me mis en quête d'un chemin pour pouvoir m'orienter, Victor toujours endormi dans mes bras. Je ne savais pas comment me situer, mes repères ayant été fossés pendant notre avancée dans la grotte. Étais-je loin de Paris ? J'espérais arriver avant le couvre feu, il devait me rester une heure avant l'extinction des lumières.
Je renforçai mon pas, allant un peu plus vite, traversant le champ, qui au passage me chatouillait le corps.
Devant moi une route, étroite. Il ne devait pas y avoir grand monde qui y passait.


* à droite ou à gauche ? *

Je ne savais pas... où devais-je aller ?
Mon instinct me dictait d'aller vers la droite. Le soleil étant à ma gauche et se couchant à l'ouest, Paris devait se trouver donc à l'opposé. Je souris face à mon raisonnement et m'engageai sur cette voie.
Marcher, marcher encore et toujours. Des mètres, puis des kilomètres avalés. La fatigue commençait à se manifester, je n'en pouvais plus. Ma gorge sèche réclamait un peu d'eau. Mais je n'avais rien pour étancher ma soif.
Je ne voulais pas réveiller Victor. Il ne semblait ne pas souffrir de ce manque. J'avais mal au dos, le porter était épuisant, sa valise pesait de plus en plus. Mes pas devenaient traînants.
Un rocher sur le chemin. Je m'y adossais.
Doucement je reprenais des forces, la valise tombée à terre, mon dos soutenu par la pierre, je respirais à plein poumons reprenant un souffle régulier. Quelques minutes s'écoulèrent. Le ciel devenait de plus en plus beau. Du rouge, du violet, et de l' orange se livraient une bataille sans merci pour pouvoir exposer à mon regard une peinture magnifique.
Un coucher de soleil...

Un bruit, d'abord sourd puis plus net. Un moteur, mon c½ur battit plus vite. J'avais peur de rencontrer une personne malveillante, pire encore, eux... Le son se rapprochait rapidement. Puis elle apparut.
Une Peugeot 402B, beige venait de faire son apparition et ralentissait. Je serrais Victor un peu plus contre moi, n'osant bouger. Une porte qui s'ouvre. Un homme qui sort, de corpulence imposante, un béret enfoncé sur la tête, un cigare dans la bouche il me regardait.
« Ça va t'y bien ma p'tite dame ?
Je sursautai à son fort accent. Il n'était pas avec eux. Cela me rassura...
- Heu... je... je suis désolée mais je me suis perdue et je n'arrive plus à rejoindre la capitale.
- Oh mais vous avez d'la chance ! J'm'y rends justement ! Des ½ufs à livrer !
Il me sourit aimablement.
- C'est qu'vous m'avez l'air bien chargé ! Voyez-vous ça ! Une si p'tite chose dans vos bras tout maigres ! Allez montez j'vous emmène !

J'hésitai...
Après tout, je ne le connaissais pas. Mais la fatigue l'emportait sur ma raison. Serrant le gamin dans mes bras je le suivis jusqu'à sa voiture. Il avait pris la valise de Victor et l'avait calée entre tous ses paquets fragiles. En m'asseyant à côté de lui, dans cet habitacle restreint, ma peur repris le dessus. Je ne le connaissais pas.

- Et cette petite demoiselle a un nom ?
Mon souffle s'accéléra. Que devais-je répondre ? Dans ma poche se trouvait ma nouvelle identité. devais-je débuter mon mensonge ?

« Suzanne... Suzanne Eloy. Et voici mon fils Victor. »


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Voilà la suite !
J'espère qu'elle vous plaira autant que les précédentes ^^
Que pensez-vous de ce nouveau personnage ?
Aimez-vous la relation entre Victor et notre héroïne ?
juju

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Liens : Solène

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News :

Depuis quelque temps j'aimerais écrire autre chose...
l'idée à germé le jour ou j'ai proposé un personnage à Sarah... elle demandait un petit travail :
"Décrire un personnage et lui inventé un passé"...
Et j'en ai trouvé un...
Plus je la décrivais (parce que c'est un personnage féminin) plus j'avais envie de me l'approprier... mais je l'avais déjà proposé à Mon Nem alors je n'osais pas...
Il y a quelques jours je lui est demandé la permission de l'utiliser...
Sa réponse à été sans appel :

Je cite :
OO'
Bah bien sûr que tu peux c'est ton personnage je vois même pas pourquoi tu demandes XD

Alors j'ai écris le prologue ^^

Je vous parle de tout ça mais pour le moment ce n'est pas d'actualité =)
Je finis d'abord celle-là après...


OoO~~OoO~~OoO~~OoO~~OoO


Photo de moi ^^ : J'étais au travail lorsque je l'ai prise...

# Posté le lundi 12 mai 2008 17:15

Modifié le lundi 31 août 2009 05:28

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