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Chapitre 9 : Surprise inattendue

Chapitre 9 : Surprise inattendue
Lentement je me retournai appréhen...

« Angéla ? »

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Angie sursauta.
* zut ! *

Perdu dans son monde, elle n'avait pas entendu la voiture de sa grand-mère. Partie faire les courses quelques heures auparavant, son aïeule était de nouveau présente dans les quatre murs.
« Angéla ? Tu es où ? On va manger. Sors de ta cachette !
Fermant à regret le journal qu'elle dévorait depuis hier, Angie sortit difficilement du gros fauteuil tout défoncé. Prise de fourmis dans les jambes dues à une position trop longtemps statique. Elle eut du mal à avancer rapidement.
- Angéla
Il ne fallait pas qu'elle la trouve là. Son c½ur battait vite, paniquée à l'idée d'être prise en flagrant délit. Elle descendit doucement les escaliers, son corps tendu par la peur. Se sentant un peu comme Suzanne, lorsqu'elle se trouvait dans l'armoire, regardant les Allemands emmener son ami ; angoissant d'être prise elle aussi.
Angie ferma la trappe priant pour que celle-ci ne grince pas, la dénonçant inévitablement de son intrusion dans la pièce interdite. Elle se rendit compte qu'elle avait gardé le journal dans sa main.
- Angéla que fais-tu ? Tu m'as entendue ?
Elle se retourna en sursautant. Sa grand-mère venait d'apparaître en haut des escaliers. Cachant le livre derrière son dos, elle plaqua un sourire sur son visage.
- Je... j'arrive grand-mère. Je ne t'avais pas entendue.
- Ça fait quelques minutes pourtant que je t'appelle !
- Désolée... je vais chercher quelque chose dans ma chambre et je descends. »
Sa grand-mère releva un sourcil, un léger haussement des épaules, et la voilà rebroussant chemin.
Angie poussa un soupir de soulagement et se précipita dans son entre qui était formellement interdit à toute personne de plus de cinquante ans.
Et là, sous l'oreiller, elle cacha le précieux manuscrit, regrettant d'abandonner Suzanne en un moment si important. Elle mourait d'impatience de pouvoir satisfaire sa curiosité. Elle avait soif de connaitre la suite.
Mais pour le moment, Angie devait satisfaire aux exigences de la vieille dame et surtout combler le creux de son estomac qui se rappelait à son bon vouloir, criant famine ; grognant de toutes ses forces. La jeune fille avait faim, c'était incontestable.
Angie sourit, posant sa main sur son ventre.
« Chut ! Je vais te remplir, ne t'en fais pas » dit-elle dans un murmure.
Comme à son habitude, elle se mit à courir dans le couloir, dévala les escaliers et atterrit les deux pieds joints sur le parquet fraîchement ciré. Encore un record, pensa-t-elle. Elle venait de sauter les quatre dernières marches. Le reste du parcours se fit plus calmement, sachant que sa grand-mère n'aimait pas les déplacements trop rapides. D'ailleurs elle s'était souvent fait houspiller pour ça.
La jeune fille arriva devant la cuisine et regarda quelques instants celle-ci faire le repas.
Aodossée au chambranle de la porte, elle observa la pièce : simple et rustique. Les meubles se dressaient sobrement : 4 chaises en bois massif et une table, protégée par une toile cirée. De couleurs orange et verte, elle était vraiment de très mauvais goût.

* Trop de bois tue le bois *

Angie fit une grimace. Cet endroit, elle l'avait en horreur.
Sa grand-mère se retourna et l'aperçut enfin.
« Te voilà. Aide-moi à mettre la table.
Sans tarder, elle s'empressa de le faire ne voulant pas d'un conflit supplémentaire à ajouter aux nombreux autres.
La table mise, elles passèrent le repas en silence. Chacune dans ses songes ;
l'une pensant à son potager ; l'autre à un certain objet sous son oreiller.
- Que vas-tu faire cet après-midi ?
-Sans doute lire. » Dit-elle enfournant un morceau de salade dans sa bouche.
« Encore ? Mais tu es restée enfermée toute la matinée ! Il fait tellement beau dehors ! »
Angie tourna la tête vers la fenêtre au-dessus de l'évier. Un ciel bleu, parsemé de petits nuages s'offrait à sa vue. Il ne pleuvait pas, mais il ne devait pas faire chaud non plus. Entre dix et quinze degrés, pas plus. Elle soupira, retournant à la contemplation de son assiette.
« Alors je lirai... dehors » dit-elle avec une pointe d'affront dans la voix.
Sa grand-mère ne dit rien. Dans un sens sa petite fille lui avait obéit. Elle allait sortir. Elle se leva montrant que le repas se terminait. Angie se dépêcha de débarrasser, elle était de corvée de vaisselle. Elle aimait ça, pourtant . Mais aujourd'hui, le mot « corvée » prenait tout son sens. Dans des soupirs dignes des plus grandes tragédiennes d'avant guerre, elle se mit à la tâche. Plus vite terminée, plus vite elle pourrait reprendre sa lecture.

Quelques minutes plus tard, la dernière assiette était essuyée et rangée. Sa grand-mère ne supportait pas le travail bâclé, il était donc impensable de laisser égoutter la vaisselle sur levier. Au grand malheur d'Angie, qui perdait quelques précieuses minutes de lecture avant le coucher du soleil.
Sa besogne achevée, elle se précipita dans les escaliers pour aller chercher le journal.
Son aïeule voulait qu'elle passe l'après-midi dehors ? Qu'a cela ne tienne, elle y serait. Dans le jardin, elle passa à côté du potager où elle aperçu cette dernière bêchant la terre avec vigueur. Elle se dirigea vers le font de l'espace vert où se dressait un arbre centenaire.
D'une hauteur vertigineuse, il lui paraissait très imposant. Les branches et les feuilles lui cachaient le soleil, formant une auréole d'ombre derrière celui-ci. La jeune fille n'était pas venue les mains vides. Hormis le livre quel tenait dans sa main droite, l'autre retenait une grande couverture qu'elle étendit sur le sol terreux et recouvert de racines. Un oreiller sous chaque bras, elle les cala contre le tronc du chêne et s'y adossa. Les jambes étendues de tout son long, se tortillant un peu pour avoir une position confortable, elle ouvrit l'ouvrage à la page où elle l'avait laissé, et reprit sa lecture avec avidité...


_ _ _


« Suzanne, je vous présente le trésor de Pierre.
Lentement je me retournais appréhendant ce que j'allais découvrir...

Une surprise ; un étonnement ; une incompréhension ; des questions ; tout se bousculait dans ma tête. Je ne comprenais pas.
Mon regard passait de l'un à l'autre. Cette femme au regard sévère et suffisant. Et ce petit garçon au regard craintif, effrayé. Oui un petit garçon... d'à peine deux ans et demi.

- Mais... je... qui... quand...

Je ne savais plus quoi dire. Je nageais dans la confusion la plus grande. Je n'arrivais pas à imaginer qui il pouvait être. Je le savais oui, mais... je me refusais à écouter mon instinct. Pourtant c'était évident. Ils se ressemblaient tellement. Ses yeux... oh mon dieu.... ses yeux... Ma vue commençait à se brouiller... j'étais troublée. Je ne savais plus que dire. Ce petit bout venait de me déstabiliser.
Je cherchais du regard des réponses à mes questions. J'avoue qu'elles n'étaient pas claires du tout. Mais cette dame devait me comprendre...
Détournant mon attention de l'enfant, je me tournai vers elle en fronçant les sourcils, incapable de m'exprimer. Ca devenait une habitude chez moi maintenant. Ce silence me rendait ridicule.
Dans un souffle, j'arrivai à dire,
- Expliquez-moi !
Moi voix était tremblante, mais mon regard n'admettait pas de refus. En aurais-je eu d'ailleurs ? Je ne pense pas.
Lentement la femme se déplaça, la main de son protégé dans la sienne. Elle le fit asseoir entre elle et moi et m'étudia longuement... Moi... je n'osais l'observer... Qui ? Elle ? Non pas elle, lui... je sentais son regard me brûler. Avais-je peur, d'un petit gamin insignifiant ? Oui... je l'avoue honteusement. De quoi ? Je ne saurais le dire. Peut-être de ne pas être à la hauteur de son jugement. Après tout, un enfant dit souvent la vérité et je ne devais pas lui inspirer beaucoup de respect. Moi-même je n'en avais pas pour ma personne. Vous vous rendez compte... avoir peur d'un petit de deux ans et demi.
- Je vous présente Victor. Et c'est le fils de Pierre.

De l'étonnement ?
Oui un peu, je ne le savais pas. Il ne m'en avait jamais parlé. Je n'étais pas surprise, parce que les prunelles de Victor étaient les mêmes que celles de son père. Des yeux bleus... magnifiques, entraperçus tout à l'heure, au premier contact. Un regard qui m'avait troublé et... attristé. Celui de mon ami.
- Comment ? Je...
- Il est né juste avant l'invasion. Il y a un mois, sa mère a été tuée. Fusillée sous ses yeux. Il ne parle plus depuis ce jour, choqué sans doute ». Elle haussa les épaules comme une évidence et reprit.
« Son père et sa mère étaient séparés mais c'est Pierre qui en avait la garde. Hélène ne pouvait pas subvenir à ses besoins, un revenu trop insuffisant. Et puis elle ne l'a jamais trop aimé. C'était plus une charge pour elle qu'un cadeau de la vie. » La vieille dame secoua la tête en signe de désaccord.
« Heureusement pour le bambin, son père n'avait pas les mêmes vues sur lui. Il l'adorait. D'où le surnom « trésor ». C'était son bien le plus cher. Il disait qu'il donnerait sa vie pour lui. Et c'est ce qu'il a fait. » Sa voix n'était que murmure.
Je la laissai continuer, remplie d'horreur au fur et à mesure de ses paroles. Elle me glaçait le sang. Tant d'atroces souffrances pour un enfant aussi jeune.
« Pourtant sa mère avait du caractère. Et je pense que cela tien de la famille. C'était ma fille. Mais sa démesure était poussée à l'extrême et elle en était devenue négligente. Elle faisait partie du réseau et connaissait les risques. Mais elle a joué avec le feu et ne s'est pas protégée. Un soir, où elle ramenait Victor ici, des camions de l'armée Allemande ont débarqué. Sentant un danger pointer à l'horizon, elle a poussé l'enfant dans les bras de la boulangère qu'elle connaissait bien. Et lui a dit...

« Ramène-le ! »


La femme le prit dans ses bras, mais attendit, cloîtrée dans sa boutique. Ça n'avait duré que quelques secondes et déjà les militaires avaient empoigné sa mère... »
Elle hésitait et cherchait ses mots.
Je lui laissai le temps de reprendre contenance tout en priant pour qu'elle ne s'arrête pas là, suspendue à ses lèvres comme à une bouée, connaissant le destin tragique de sa fille.
- Hélène a été fusillée sur la place public... devant tout le monde. Personne n'a bougé le petit doigt pour la sauver. Mon petit-fils a tout vu. La boulangère était en état de choc et n'a pas pensé à lui cacher les yeux. Ma fille n'a même pas été jugée. Tuée, pour l'exemple... parce qu'elle s'était rebellée contre ces ordres, ces envahisseurs qui nous prenaient nos vies, nos familles. Elle... »
C'était la mère qui parlait... La souffrance transperçait son être et le mien. Aspirant sa tristesse dans mon c½ur. Pourtant je ne la connaissais pas. On me dit trop émotive... Mais qui ne le serait pas en entendant ce récit. Moi pas en tout cas...

* Oh mon dieu ! *

Je baissai la tête, rencontrai le regard de Victor, et ne le quittai plus. Un corps chétif, et tout petit ; des mains fines qui ne devaient pas dépasser la moitié de ma main ; ses cheveux, coupés courts, blonds comme les blés ; des yeux immenses dans une bouille ronde et adorable ; de petites lèvres, gercées par le froid, bien dessinées. On aurait pu croire à un poupon éveillé.
Il ne disait peut-être rien mais à travers ses yeux il s'exprimait. De la tristesse ; quelques larmes... Une attitude pourtant froide et tendue émanait de lui. Comme s'il avait peur de s'abandonner à nouveau à ses sentiments.
Il n'avait que deux ans et déjà sa vie n'était qu'horreur, sang et souffrance.
Comment ne pourrait-il pas avoir de séquelles après tout ça ?
Comment redonner le sourire à un enfant qui a vu sa mère mourir sous ses yeux ?
Comment influer la joie à une personne qui a tout perdu ?

Avais-je de la pitié pour lui ?
Non, plutôt une immense tristesse ; une envie de le protéger ; de le serrer contre mon c½ur ; envie de lui promettre que tout irait mieux maintenant ; qu'il ne devait plus avoir peur ; envie de lui apporter une consolation ; un soutient ; un équilibre ; être là, près de lui ; l'accompagner dans sa vie ; l'aimer.
Pourtant ce n'était pas le mien. Ni ma chaire, ni mon sang. Dans cette échange muet entre nous, un lien venait d'être scellé: une promesse de ne plus se quitter venait d'être proclamée.

« Il me faut maintenant vous parler d'autre chose. D'une importance capitale... »


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Quand pensez vous ?
Qu'elle est cette chose importante que la vieille dame à a lui dire ?
Comment avez-vous trouvé le trésor de Pierre ?
Vous attendiez-vous à ça ?
Quelle est la mission que Suzanne doit accepter ?
J'attends vos suggestions avec impatience ^^
Juju
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# Posté le samedi 19 avril 2008 05:55

Modifié le lundi 31 août 2009 06:01

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