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chapitre 6 : conséquence

chapitre 6 : conséquence
Dix minutes s'étaient écoulées depuis que la scène s'était déroulée devant mes yeux. Un acte qui me glace le sang encore maintenant. J'étais terrorisée, paniquée ; mes muscles étaient tétanisés ; je ne bougeais plus écoutant chaque bruit, chaque craquement ; sursautant au moindre son ; mon imagination prenant le pas sur ma raison. Comme une démente, mes yeux partaient dans tous les sens cherchant quelque chose, quelqu'un qui m'observerait.
Je tremblais tellement, qu'il m'était impossible de rester dans la position où je me trouvais. Mais je ne pouvais me résoudre à quitter ce refuge.
Je restais donc assise, attendant de me calmer. Entourer de mon costume de scène et de quelques autres vêtements. Des chaussures et babioles jonchaient le sol et ma position n'était pas plus confortable que la précédente.

J'avais peur. Tellement peur. Je manquais d'air, mes poumons étaient oppressés. Je n'osais pas affronter la réalité. J'avais honte !
Pourquoi ?
Honte déprouver,dans un petit coin de ma tête, au plus profond de mon c½ur, une autre émotion... le soulagement.
Quelle horreur de penser une telle chose en un moment pareil. Où moi, Suzanne... j'avais vu mon meilleur ami se faire arrêter. Ce souvenir resterait marqué au fer rouge, dans ma tête. Mais ce soulagement était tout de même présent en moi.
Ils n'avaient rien fouillé. Pas même l'armoire devant eux. Celle où je me trouvais, où je me cachais.
Grâce à Pierre j'avais échappé à leur vigilance. Ils ne m'avaient pas prise avec eux et je n'avais plus rien à craindre maintenant.

Quel dégoût de moi-même. Penser à mon bien être alors que l'une des personnes que j'aime le plus au monde était certainement déjà maltraité. L'imaginer face à ces trois hommes me retourna l'estomac. Mon c½ur se serra.
J'éclatais en sanglots.

_ _ _


Combien de temps suis-je restée à pleurer ? Je ne sais plus. Peut-être une minutes, peut-être deux... ou bien même plusieurs.
Tout ce que je constate c'est l'état de fatigue qui me prend soudain.
Comme si mes dernières défenses, mes dernières protections venaient de s'effondrer.
Je me sentais vide ; abattue ; je n'étais qu'une lâche ; une misérable. Je repensais à Roger, à ses lettres, à son dégoût de lui-même. Je lui avais trouvé des excuses, trop contente de savoir qu'il avait survécu. Je n'avais pas compris alors tout le sens de ses écrits, son appel au secours.
J'étais déjà tellement égoïste... Et pourtant ce matin là, seule dans mon armoire, à pleurer tout mon saoule, j'eus les mêmes sentiments et je compris. Le dégoût d'être ce que l'on est ; la triste réalité de faire face à nous- même ; notre lâcheté réciproque.
Un goût amer envahit ma bouche à l'heure où j'écris ces lignes. Je me sens salie par mes propres actes.
Et quels actes ?
Me laisser pousser dans une cachette par un ami qui pense aux autres avant lui-même ?
Je ne suis pas digne de son amitié. Quand pourrais-je de nouveau me regarder dans une glace sans avoir honte... Ce n'est pas une question, juste un constat.
Je ne pouvais rien maintenant pour Pierre et je venais de m'en rendre compte.
Je ne connaissais presque personne et il m'aurait été impossible de le faire sortir de l'endroit où il était à présent. Et puis, je n'avais aucune idée de son emplacement. C'était un fait et je n'y pouvais rien.

Alors que faire ?

L'intérieur de l'armoire était faiblement éclairé par la petite ouverture de la porte mal fermée. Mon regard se porta plus loin à l'extérieur, jusqu'à ma coiffeuse. Il était toujours sous le foulard posé à la hâte pour le cacher à tout regards... et quelque chose d'important se trouvait à l'intérieur. La proéminence du tissu me le confirmait.
Mais...
Son contenu était-il dangereux pour moi ?

Encore une fois je me surpris à ne penser qu'à moi et rougis violemment sur la bassesse de mes pensées.Quelle stupidité que la lâcheté. Un autre sentiment explosa en moi comme une bombe, brûlant comme la lave.
La colère.
Colère contre moi-même.
A présent des larmes de rage me brûlaient les yeux. Je devais réagir ; arrêter de me morfondre sur mon propre sort qui n'était pas des plus critique.
J'essuyai mes larmes d'un geste rageur et sortis de mon antre protectrice.
La pièce était calme, vierge de tout acte malveillant. On aurait pu croire qu'aucun événement dramatique ne s'y était déroulé... Pourtant il s'y était joué la pire des scènes...
Seule la serrure avait sauté. Dehors la troupe s'agitait. Un peu comme un essaim d'abeille. Un bourdonnement incessant de paroles résonnait derrière la porte. Mais dans la loge tout était silencieux.
Mon regard se porta de nouveau vers l'élément de la pièce qui n'était pas là encore quelques minutes auparavant. Je me dirigeai doucement vers lui comme si j'avais peur qu'il ne s'évapore. Ma main vint agripper le léger tissu de soie qui cachait à ma vue l'objet tant convoité.
En dessous du foulard se trouvait un paquet, comme une enveloppe. Je fronçai les sourcils, perplexe, m'attendant à autre chose, un bijou, une arme. Il est vrai que dans la précipitation je n'y avais pas prêté attention.
Je saisis l'enveloppe et la trouvai bien légère. Je la soupesai et la retournai dans tout les sens. Sur l'une des faces se trouvaient quelques lignes écrites à la hâte.

« Ouvre ! »

C'était l'écriture de Pierre.

Mes mains tremblaient comme des feuilles ; mon c½ur battait plus vite ; j'avais peur.
Que devais-je faire ?
Je cherchais une réponse à mes interrogations, mon regard se portant n'importe où dans la loge, tournant l'enveloppe entre mes doigts. Et tout à coup je captai mon reflet dans le miroir, en face de moi. Je vis une jeune fille paniquée... affolée. Elle me fit horreur.
Tout à l'heure je me posais la question :
Que pourrais-je faire pour réparer ma honte ?
Je venais de trouver...
Mon regard se reporta sur le paquet entre mes mains. Lentement je l'ouvris sans le déchirer... J'appréhendais tellement.

Dedans, deux autres enveloppes et un médaillon. Je déposai le tout devant moi et m'assis. J'avais sous les yeux les réponses à mes questions et l'une des deux enveloppes portait mon prénom.
Je la pris, la décachetai... Et commençai ma lecture...


« Ma petite Suz.

Si tu lis cette lettre j'aurai réussi à atteindre mon objectif:
Te la transmettre.
Je sais que tu ne comprends pas ce qu'il s'est passé mais je vais tout t'expliquer.
Trop de souffrance, trop de haine, trop de larmes ont coulé.
Je n'en peux plus. Je suis fatigué de toute cette violence, de ces lois .
Je veux me battre pour une France libre et juste. Où il n'y aura plus de discrimination ; où je pourrai me balader avec mon trésor sans risquer pour nos vies.
Je suis révolté et en colère contre ses partisans qui pactisent contre nos racines, notre culture.
Je veux me battre contre cette bête qui nous ronge, nous pourrit et nous fait perdre notre humanité.
Nous ne sommes plus que des animaux domptés par la peur.
Je veux de nouveau rire, parler politique sans être menacé de crime contre l'état.
Je souhaite m'exprimer, hurler...
Un étau me sert la poitrine, j'étouffe de ne plus pouvoir vivre et de ne réussir qu'à survivre.
Je souffre de voir les gens que j'aime devenir des zombies. De pâles copies d'eux-mêmes.

J'ai agi pour ma patrie. Et j'en suis fier.
Je ne te dirais rien de ce que j'ai pu faire par peur qu'ils ne t'arrêtent et ne te torturent.
Car je sais que si tu as cette lettre je suis entre leurs mains.
Mon seul espoir réside dans les tiennes.
J'ai besoin de toi.
J'ai besoin que tu te rendes à l'adresse qui est notée sur le bout de papier.
Tu donneras la seconde lettre à la personne qui t'ouvriras.
Elle t'expliquera tout.
Mais pour cela il faudra que tu lui montres le médaillon.
Je n'ai confiance qu'en toi.
Tu es la s½ur que je rêvais d'avoir. Je t'aime.
Je serais toujours dans ton c½ur.
Sois forte, tu en es capable.

Pierre. »

Des larmes coulèrent sur mon visage, je n'arrivais plus à les arrêter.
Je me doutais qu'il avait du écrire cette lettre dans l'urgence car les mots couchés sur le papier étaient difficiles à lire. Coincé dans le creux de ma paume, je tenais toujours le bout de papier déchirée, écrit à la hâte.
La lettre était posée sur mes genoux, je me recroquevillai en boule dans le fauteuil,
regardant ma main serrée, cachant la fameuse adresse.
Des questions jaillissaient dans mon cerveau...
Qui était la personne qui m'attendait ?
Quelle était cette lettre que je devais remettre ?
Et puis... qu'était-ce que ce « trésor » dont il parlait dans celle rédigée à mon intention ?

Maintenant je savais ce qu'il me restait à faire. C'était comme une évidence ; un souffle qui m'encourageait à agir. Je ne savais pas ce qui allait se passer ; où j'allais ; qu'allais-je trouver là-bas ?
Une chose était certaine, cette conviction grandissait en moi.
Je devais y aller...


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Vue les demandes de plus en plus nombreuses je vous mets la suite un peu en avance ^^
Je suis très touchée par vos visites et vos commentaires.
Le nombre de personne augmente de jours en jour et ma liste d'amis s'agrandit.
Je suis impressionnée d'avoir dépassé les 500 visites au mois de Mars et d'arriver à grands pas vers les 600 commentaires. C'est complètement fou O_O et je suis d'autant plus touché de votre gentillesse et de vos compliments : )

J'ai toujours l'appréhension de ne pas vous satisfaire et j'hésite toujours avant de poster le chapitre.

Avez-vous aimé ce passage ?
Que va-t-elle trouver à cette adresse ?
Qui y a-t-il dans la l'autre lettre ?
Quel est ce "trésor" ?

Merci encore a vous tous.

Juju

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Photo : de moi... mais je l'aime pas. Je les pris un peu rapidement pour pouvoir la mettre sur ce chapitre...
Sans doute sera t-elle changée un jour. : )

Liens :
Velvet ; Elle

# Posté le dimanche 30 mars 2008 08:19

Modifié le lundi 31 août 2009 05:58

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